
Femme, vie, liberté. Ce slogan des jeunes Iraniennes qui manifestaient contre le port du voile inspire le monde par sa simplicité, sa cohérence et sa ferveur. Lorsque j’ai choisi ce thème pour le festival, je ne pouvais pas imaginer que l’Iran reviendrait à l’actualité politique avec une telle violence, mais cela rend encore plus urgent notre message.
Ces trois mots sont autant de fils rouges à travers le répertoire. On y trouve de nombreuses pièces écrites par des femmes : européennes (Borzelli, Lamb, Sinnhuber) ou pas (Balch, Choi, Toraman), jeunes (Glojnaric, Jeon, Lorusso), célèbres (Bauckholt, Mochizuki, Saunders), ou encore mythiques (Berberian, Gubaidulina, Saariaho) – et bien sûr iraniennes (Khayam, Modarresifar).
Mais c’est l’occasion de se plonger aussi sur les musiques qui fêtent la vie, comme Les métamorphoses de Bastien David, qui nous invite à écouter le minuscule, ou le quatuor de Jean Luc-Hervé, qui nous plonge dans les sons de la forêt. Et n’oublions pas la lutte pour la liberté ! Stalagma de Silvia Borzelli est un hommage à Anna Politkovskaya, journaliste assassinée par Poutine.
Enfin, on fête les 100 ans de Betsy Jolas (dont on entendra l’œuvre Quatre plages dans l’interprétation de l’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes), et les 100 ans de György Kurtág, auquel on consacre une conférence et un récital de piano en collaboration avec le conservatoire Emmanuel-Chabrier (la transmission, c’est ça la vie !).
Le penchant politique n’enlèvera rien au côté lumineux d’un festival qui se présente intense, étonnant et émouvant, de la main d’artistes venu·e·s de près et de loin pour éveiller nos sens et nos esprits.
Mikel Urquiza
Compositeur associé et
Conseiller artistique de l’édition 2026

